Ne pas se contenter de combattre la tumeur : les chercheurs s'attaquent à sa barrière de protection

Une approche pour une nouvelle génération d'immunothérapies

15.09.2026
Julia Thiel / Bosch Health Campus

Cette image microscopique montre la complexité du tissu cancéreux. Les cellules tumorales sont représentées en jaune, les fibroblastes en vert et les cellules immunitaires en rose. Toutes les cellules contiennent un noyau central coloré en bleu. La structure cible de l’anticorps bispécifique sur les fibroblastes est représentée en rouge.

Une nouvelle approche pourrait améliorer l’efficacité des immunothérapies dans certains types de cancer : au lieu d’attaquer directement les cellules cancéreuses, le traitement cible le micro-environnement tumoral. À partir de coupes tissulaires prélevées sur des patient·e·s atteints d’un cancer du poumon ou des ovaires, des chercheurs du Bosch Health Campus, de l’université de Stuttgart et de l’hôpital universitaire de Iéna montrent comment un anticorps nouvellement développé attaque le tissu tumoral et déclenche une réaction immunitaire contre la tumeur. L'étude a été publiée dans la revue scientifique *Science Advances*.

Une tumeur ne se compose pas uniquement de cellules cancéreuses. Son environnement immédiat comprend notamment des cellules du tissu conjonctif qui favorisent la croissance de la tumeur et peuvent compliquer sa lutte. Les chercheurs ont désormais étudié une nouvelle approche qui ne cible pas les cellules cancéreuses elles-mêmes, mais ces cellules du tissu conjonctif (fibroblastes). Les résultats précliniques montrent que l’anticorps utilisé est capable d’éliminer les cellules du tissu conjonctif qui favorisent la tumeur et, de plus, de détruire même les cellules tumorales voisines.

Modification ciblée du microenvironnement tumoral

Au cœur de ces travaux de recherche se trouve l’anticorps bispécifique FAP x CD3 OMTX305, développé par l’Institut de biologie cellulaire et d’immunologie de l’université de Stuttgart en collaboration avec le partenaire industriel espagnol Oncomatryx. La particularité des anticorps bispécifiques réside dans leur capacité à se lier simultanément à deux types de cellules différents. La molécule utilisée ici agit comme un pont entre les cellules immunitaires et leur cible, en l’occurrence les fibroblastes favorisant la tumeur. Celles-ci forment souvent un réseau dense autour de la tumeur, qui agit comme une barrière protectrice et entrave la pénétration des cellules immunitaires et des médicaments. Grâce à la liaison avec les fibroblastes, les cellules immunitaires ont été activées et ont éliminé les cellules formant cette barrière.

Les chercheurs ont trouvé particulièrement remarquable que non seulement les cellules ciblées aient été détruites, mais aussi les cellules tumorales voisines. L’étude fournit ainsi des indices suggérant que l’élimination ciblée des fibroblastes favorisant la tumeur favorise même une réponse immunitaire plus étendue contre la tumeur.

« Nous attaquons la tumeur à partir de son environnement immédiat », explique le Dr Thomas Mürdter, directeur adjoint de l’Institut Dr Margarete Fischer-Bosch de pharmacologie clinique (IKP) au Bosch Health Campus. « En éliminant de manière ciblée les fibroblastes, nous modifions le microenvironnement tumoral et créons ainsi des conditions plus favorables pour que les cellules immunitaires puissent atteindre la tumeur et la combattre. »

Des coupes tissulaires permettent de visualiser l’ensemble de la structure tumorale

Les chercheurs de l’IKP ont mené ces études sur des tissus tumoraux prélevés chez des patients de l’hôpital Robert Bosch atteints d’un cancer du poumon ou de l’ovaire. La particularité méthodologique de cette étude réside dans la combinaison de cette nouvelle approche immunothérapeutique avec un système de test préclinique, mais proche du contexte clinique. Cela a permis d’étudier l’action du traitement dans un environnement tumoral complexe, et non pas uniquement sur des cellules tumorales isolées.

Les coupes de tissu tumoral d’une épaisseur d’environ 250 micromètres (Precision-Cut Tumor Slices) s’avèrent particulièrement pertinentes à cet égard. Contrairement aux cultures cellulaires classiques, ces coupes de tissu préservent de nombreux types cellulaires et structures de la tumeur d’origine. Les chercheurs peuvent ainsi étudier comment les cellules cancéreuses, les fibroblastes et les cellules immunitaires interagissent entre eux et comment cet environnement complexe réagit à un traitement.

Des techniques modernes ont été utilisées pour cette analyse détaillée, notamment l’immunofluorescence multiplexe et le séquençage d’ARN à cellule unique. Les chercheurs ont analysé les colorations tissulaires à l’aide de techniques d’apprentissage automatique afin d’identifier les différents types de cellules et leur répartition spatiale dans le tissu tumoral. Le séquençage d’ARN à l’échelle de la cellule unique leur a permis d’étudier les modifications subies par certaines populations cellulaires et leur réponse au traitement.

Une approche pour une nouvelle génération d’immunothérapies

De nombreuses tumeurs ne répondent pas suffisamment au traitement, malgré les immunothérapies modernes. C’est pourquoi le rôle des fibroblastes favorisant la tumeur en tant que cible thérapeutique fait actuellement l’objet de recherches à l’échelle internationale. Outre les anticorps, des thérapies à base de cellules CAR-T, par exemple, sont développées pour cibler ces cellules du tissu conjonctif. Le présent travail complète ces approches en étudiant un anticorps bispécifique FAP x CD3 dans des modèles tumoraux proches de ceux observés chez les patients. Les résultats apportent ainsi une contribution importante à une nouvelle génération d’immunothérapies qui ciblent non seulement les cellules cancéreuses elles-mêmes, mais aussi leur environnement favorable.

Institutions participantes et financement

Le projet a été financé par le ministère de la Science, de la Recherche et des Arts du Bade-Wurtemberg, la Communauté allemande de recherche (DFG), le ministère fédéral de la Recherche, de la Technologie et de l’Espace, la Fondation Leibinger ainsi que la Fondation Robert Bosch. Ont participé à ce projet l'Institut Dr Margarete Fischer-Bosch de pharmacologie clinique ainsi que l'hôpital Robert Bosch du Bosch Health Campus, l'université de Stuttgart, le centre hospitalier universitaire d'Iéna (Comprehensive Cancer Center Central Germany) ainsi que la société espagnole de biotechnologie Oncomatryx.

Note: Cet article a été traduit à l'aide d'un système informatique sans intervention humaine. LUMITOS propose ces traductions automatiques pour présenter un plus large éventail d'actualités. Comme cet article a été traduit avec traduction automatique, il est possible qu'il contienne des erreurs de vocabulaire, de syntaxe ou de grammaire. L'article original dans Allemand peut être trouvé ici.

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