Une alimentation saine ralentit le vieillissement biologique – quel que soit le régime alimentaire
Une étude du DZNE menée auprès de 7 500 participants montre que dix modes d'alimentation différents ont tous un effet au niveau de l'ADN
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Une étude menée par le DZNE révèle qu'une alimentation saine est associée à un ralentissement du vieillissement biologique — et qu'il existe plusieurs façons de manger sainement. Les chercheurs ont examiné dix régimes alimentaires considérés comme sains, notamment le régime méditerranéen, le régime nordique et un régime à base de végétaux, ainsi que le régime DASH, conçu pour aider à réduire la tension artérielle. Tous ont été associés à un ralentissement du vieillissement biologique, les modifications de l’ADN liées à l’âge servant de marqueurs. Ces résultats, basés sur les données de l’étude « Rhineland » du DZNE et confirmés par les données d’une étude indépendante, sont publiés dans la revue Nature Communications.
« Notre étude suggère qu’une alimentation saine va de pair avec un vieillissement biologique plus lent. Les effets ne sont pas spectaculaires, mais ils sont mesurables et pertinents en matière de prévention. En ralentissant le processus de vieillissement, on peut réduire le risque de maladies liées à l’âge telles que la démence ou les troubles cardiovasculaires. Ainsi, une alimentation saine contribue à un vieillissement en bonne santé », explique la professeure Monique Breteler, directrice des sciences de la santé des populations au DZNE et responsable de l’étude « Rhineland ». « Il est important de noter qu’il n’existe probablement pas de régime alimentaire « idéal » unique. D’après nos données, divers modes d’alimentation sont associés à un vieillissement plus lent, certains dans une plus grande mesure que d’autres. C’est une conclusion encourageante, car elle permet d’adapter une alimentation saine aux préférences personnelles et culturelles, au budget et aux goûts de chacun. »
Mesures moléculaires du vieillissement
Pour leur analyse, les chercheurs ont évalué des échantillons sanguins et les habitudes alimentaires d’environ 7 500 femmes et hommes : Parmi eux figuraient 6 470 participants à l’étude « Rhineland » du DZNE à Bonn — où les résultats ont été initialement obtenus — et 1 034 participants à l’étude EPIC-Potsdam de l’Institut allemand de nutrition humaine de Potsdam-Rehbrücke (DIfE), où les principaux résultats ont été confirmés de manière indépendante.
À partir des échantillons sanguins, l’équipe a mis en évidence des modifications chimiques de l’ADN, appelées « profils de méthylation de l’ADN », qui influencent l’activité des gènes et, par conséquent, les mécanismes biologiques. Comme ces marqueurs moléculaires évoluent de manière systématique au cours de la vie, ils sont considérés comme des indicateurs du vieillissement biologique.
« Nous avons utilisé trois approches différentes, appelées “horloges épigénétiques”, pour déduire le vieillissement biologique à partir de la méthylation de l’ADN », explique Juliana Tavares, doctorante au DZNE et autrice principale de la publication actuelle. « À cette fin, nous avons eu recours à une technologie de pointe, qui nous a permis de couvrir environ 850 000 sites de l’ADN. C’est environ deux fois plus que dans la plupart des études précédentes. »
Une alimentation saine : différente pour chacun
Les chercheurs ont également comparé les habitudes alimentaires de chaque participant aux recommandations de chacun des dix régimes étudiés. L’adhésion à ces régimes a été quantifiée et notée à l’aide d’un système de score basé sur le degré de respect de chaque modèle alimentaire par les individus. « Une même personne pouvait donc obtenir un score élevé pour un régime et un score faible pour un autre. En d’autres termes : les personnes qui mangeaient sainement selon un certain critère n’étaient souvent pas celles qui mangeaient sainement selon un autre. D’après nos données, presque personne ne peut être considéré comme ayant une alimentation saine selon tous les critères à la fois », explique Tavares.
Cependant, de manière générale, une meilleure qualité alimentaire était associée à un vieillissement biologique plus lent. Cela s’appliquait aux dix régimes alimentaires examinés. « Bien qu’il existe des différences mesurables entre les régimes, celles-ci sont modestes en termes absolus. C’est la vision d’ensemble qui importe », précise M. Tavares. « En résumé : lorsqu’il s’agit de ralentir le processus de vieillissement, il n’existe pas un seul régime alimentaire sain, mais bien tout un éventail de régimes possibles ayant un effet positif. »
Un résultat méritait particulièrement d’être souligné : le lien entre la qualité de l’alimentation et un vieillissement biologique plus lent était le plus prononcé chez les fumeurs, même si ces derniers ne mangeaient en aucun cas plus sainement que les non-fumeurs. L’explication biologique reste encore à déterminer. « Fumer est très nocif pour la santé », explique Tavares. « L’une des explications possibles de nos résultats pourrait être que les fumeurs ont tout simplement plus à gagner en termes de santé en adoptant une alimentation saine, en raison des effets néfastes considérables du tabagisme. »
Voies biologiques communes
Bien que chaque régime alimentaire ait été associé à son propre ensemble distinct de sites de méthylation de l’ADN, les mécanismes biologiques impliqués présentaient un chevauchement important. « Plus de 70 % des voies biologiques concernées étaient communes à tous les régimes alimentaires. Celles-ci impliquent la structure cellulaire, la signalisation cellulaire et le métabolisme — des processus essentiels au vieillissement et aux maladies chroniques. Il est donc compréhensible que les régimes alimentaires que nous avons examinés soient tous liés à un ralentissement du vieillissement biologique », explique M. Tavares. « Quelques voies étaient spécifiques à certains régimes et correspondaient aux principaux objectifs de chacun : les voies liées au cœur étaient propres au régime DASH, tandis que celles liées à la cognition et à la mémoire étaient propres au régime dit MIND, qui vise à favoriser la santé cérébrale. « Il n’est pas nécessaire d’avoir une alimentation parfaite — c’est peut-être le message le plus concret à retenir ici. Mais à l’avenir, ces voies spécifiques à chaque régime ouvrent la voie à de nouvelles recherches sur des interventions alimentaires ciblées. Cela pourrait s’avérer utile pour élaborer des recommandations de santé ciblées. »
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