Europe : des lois contradictoires menacent la biodiversité et la sécurité alimentaire

La législation européenne va à l'encontre de la protection des pollinisateurs qu'elle préconise elle-même

22.07.2026
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En matière de protection des abeilles, des papillons et des autres pollinisateurs, l'Europe se met elle-même des bâtons dans les roues. Les chercheurs mettent en garde contre de graves conséquences pour la biodiversité et la sécurité alimentaire.

Un nouveau document stratégique rédigé par huit grands réseaux de recherche européens met en garde contre les risques pour la conservation des espèces, les fonctions écosystémiques et la sécurité alimentaire dans l’UE ainsi que dans d’autres régions, si l’Union ne parvient pas à enrayer le déclin des pollinisateurs sauvages et à promouvoir leur gestion.

L’un des principaux obstacles à une protection efficace des pollinisateurs réside dans des réglementations politiques contradictoires : la politique agricole commune et la stratégie en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030.

Ce rapport est le fruit du travail d’une équipe de 135 chercheurs de renom, issus notamment des domaines de l’écologie, de l’économie, des sciences politiques et du droit de l’environnement. Parmi les auteurs figurent le professeur Ingolf Steffan-Dewenter et Jie Zhang, de la chaire de zoologie III (écologie animale et biologie tropicale) du Biozentrum de l’université de Wurtzbourg.

Ce document stratégique a été publié dans la revue spécialisée *Advances in Pollinator Research*. Il montre que, bien que l’UE ait officiellement déclaré la protection des insectes comme un objectif, elle ne suit pas une ligne cohérente. Alors que certaines dispositions exigent la préservation de la nature, d’autres favorisent l’agriculture intensive et l’utilisation de pesticides.

Pourquoi les pollinisateurs sont-ils essentiels à la survie de l’humanité ?

La protection des insectes ne se limite pas à une préoccupation des amoureux de la nature. Il s’agit d’une question de sécurité économique et sanitaire : si les pollinisateurs disparaissent, l’approvisionnement alimentaire est menacé.

Les chiffres avancés par les chercheurs sont sans appel : 80 à 90 % de toutes les plantes sauvages et 75 % des principales cultures ont besoin de l’aide des insectes pour leur pollinisation. Sans eux, il n’y aurait pratiquement ni fruits, ni légumes, ni noix. Aujourd’hui déjà, 3 à 5 % des plantes alimentaires font défaut à l’échelle mondiale, car de nombreuses régions ne disposent plus d’un nombre suffisant de pollinisateurs.

Sur le plan financier également, la disparition des insectes aurait des conséquences désastreuses. L’absence de pollinisation coûterait à l’Europe environ 24 milliards d’euros par an.

« Nous devons prendre conscience que la protection des insectes est un investissement nécessaire pour notre propre avenir », déclare Ingolf Steffan-Dewenter. « Il s’agit de préserver les conditions fondamentales d’une société stable, d’une alimentation saine et d’écosystèmes intacts. Nous ne pouvons pas nous permettre de rester les bras croisés. »

Les insectes risquent une mort à petit feu

Les auteurs du document stratégique plaident en faveur de la réduction du fossé entre les connaissances scientifiques et l’action politique. Ils identifient plusieurs facteurs qui affectent simultanément les insectes :

• l’exploitation intensive des terres et l’imperméabilisation des sols (qui réduit les habitats),

• l’utilisation de pesticides (produits phytosanitaires), le rejet de microplastiques et d’autres substances dans l’environnement,

• un excès d’azote dans l’environnement (la surfertilisation réduit la biodiversité),

• ainsi que le changement climatique et les épisodes de canicule et de sécheresse.

Les experts parlent d’une « mort à petit feu », car de nombreuses pressions différentes s’additionnent pour former une menace mortelle.

Ils voient également un problème dans l’« angle mort » de la politique : les lois se concentrent souvent sur les abeilles et les papillons diurnes. Or, les réglementations oublient souvent que les papillons de nuit, les coléoptères, les mouches et – dans les territoires d’outre-mer de l’UE – même les chauves-souris jouent un rôle important dans la pollinisation.

Solutions et perspectives : ce qui doit changer

Les résultats des recherches menées par l’Université Johannes-Martinus (JMU) et d’autres institutions montrent clairement qu’un changement de système est nécessaire. Les responsables politiques doivent évoluer davantage vers une conception de la biodiversité comme partie intégrante de la résilience sociale, économique et écologique.

Le document stratégique formule 15 recommandations dans trois domaines clés afin d’inverser le déclin des pollinisateurs :

1\. Une législation cohérente : les objectifs politiques doivent être harmonisés. Il est inacceptable de prévoir des mesures de protection des insectes tout en encourageant, par le biais de subventions, l’utilisation de produits chimiques nocifs.
2\. Renforcer la formation : dans les métiers liés à l’agriculture, à l’aménagement du territoire et à l’urbanisme, les connaissances sur les besoins des insectes doivent être mieux ancrées.
3\. Coopération sur le terrain : l’agriculture, l’apiculture et les associations de protection de la nature doivent être associées dès le début à la planification des mesures de protection afin que celles-ci fonctionnent dans la pratique.
À propos des auteurs

Les auteurs de ce document stratégique représentent huit grands consortiums de recherche financés par l’UE : Butterfly, VALOR, PollinERA, WildPosh, AGRI4POL, ProPollSoil, RestPoll et Safeguard. Ils travaillent tous sur des questions liées à la pollinisation.

Ingolf Steffan-Dewenter coordonne le consortium Safeguard. Celui-ci étudie les causes du déclin des pollinisateurs ainsi que ses répercussions écologiques, économiques et sociétales. Les partenaires du consortium élaborent des lignes directrices en matière de gestion et de politique visant à protéger les pollinisateurs sauvages.

Note: Cet article a été traduit à l'aide d'un système informatique sans intervention humaine. LUMITOS propose ces traductions automatiques pour présenter un plus large éventail d'actualités. Comme cet article a été traduit avec traduction automatique, il est possible qu'il contienne des erreurs de vocabulaire, de syntaxe ou de grammaire. L'article original dans Allemand peut être trouvé ici.

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